Licencié de TF1 pour sa prise de position

C'est l'évènement du jour. Ecrans a annoncé la nouvelle ce matin, elle s'est propagée comme une trainée de poudre : "Un cadre de TF1 hostile à la loi Hadopi a écrit à sa députée, Françoise de Panafieu. Qui a fait suivre à la ministre de la Culture. Qui a transmis à la chaîne. Qui l’a licencié." Voilà pour le résumé. Blastblog est catégorique : "Outre le viol de la correspondance privé, c’est une atteinte grave et sans équivalent de la liberté d’expression au moment ou se joue le vote d’une loi liberticide, mensongère et non denuée de l’intérêt de quelques lobbys qui ont raté le train de l’innovation". Les jugements ne se font pas attendre, comme celui de Korben : "Vous devriez vous délocaliser en Corée du Nord, vous seriez plus en accord avec la façon de penser du régime politique et surtout ça nous ferait des vacances".

Les deux partis ne sont bien sûr pas d'accord sur le déroulement des faits. Voici la version recueillie par Europe 1 de Jérôme Bourreau-Guggenheim, le salarié licencié, :


Et celle de la Ministre de la culture, Christine Albanel.


Alors, info ou intox ? Quoi qu'il en soit, l'info a déjà fait trois fois le tour de la blogosphère.

Artistes engagés (pour ou contre)

Et les artistes dans tout çà ? Ce sont quand même eux les plus concernés. Les avis divergent. Certains artistes traditionnellement de gauche soutiennent Hadopi. Une lettre ouverte a ainsi été envoyée à Martine Aubry par cinq artistes (Juliette Gréco, Bernard Murat, Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli ), déclarant entre autres "La gauche - notre famille - c'était le refus d'un ordre purement marchand. (...) En vous opposant, à l'occasion de la loi "Création et Internet", à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune." Pas très crédible selon Autheuil : "'C'est franchement à hurler de rire, car justement, Hadopi, c'est un ordre purement marchand imposé par les industries culturelles ! Et c'est le refus d'Hadopi qui est dans la droite ligne de ce refus du "tout-marchand". Un contre-sens complet !" Même son, de cloche sur Myoland : "Sans doute n'ont-ils pas compris non plus que s'ils souhaitent que les grandes maisons de disques gardent le contrôle de la distribution de leurs oeuvres sur Internet comme ailleurs, le faible qu'il faudra protéger restera l'artiste, et que le fort ne sera pas l'internaute mais encore une fois les majors, qui continueront à imposer des contrats léonins aux artistes dont ils décideront des carrières."

Un de ses artistes, justement, vient de gagner un joli Point Godwin. Maxime Le Forestier "a donc été l’invité de Marc-Olivier Fogiel sur Europe 1 afin d’expliquer son choix. Et là, stupeur, tremblements, Maxime a déclaré, je cite, que laisser faire le piratage était une attitude “pétainiste”, que “les allemands sont là” et qu’ “on les laisse”." Un dérapage dont on se serait bien passé... Fred prend un peu de recul dans la suite de son billet : "Alors bien sûr, je peux comprendre que les mots de Maxime aient dépassé sa pensée. Cela dit, en tant que personnage public, j’estime aussi qu’il soit se montrer responsable et faire attention aux idées qu’il véhicule."

Un artiste s'est toutefois dressé contre cette loi. Il s'agit de... Francis Lalanne. Peut-être est-ce bon signe ? La dernière fois qu'il avait pris tout le monde à contre-pieds, c'était pour soutenir l'équipe de France avant la Coupe du monde 1998. Il déclare cette fois : "Imputer la crise du marché du disque à ce qu'on appelle le piratage c'est une imposture. S'il y a eu une crise et il y en a une, ça n'est pas à cause des gens qui téléchargent de la musique comme il est faux de dire que les gens qui téléchargent n'achètent pas de disques. Maintenant il y a une telle offre qu'il est sûr qu'on ne pourra pas tout acheter". La suite dans cette vidéo, bloguée notamment par Les incompris.


On a pas fini d'entendre parler d'Hadopi... L'actualité devrait encore être riche dans les prochains jours, nous aurons l'occasion d'en reparler.



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