• Pour commencer, peux-tu nous présenter ton parcours et tes projets ?

Mon parcours est fait d'une succession de choix imposés par la vie auxquels je fais face. C’est ainsi qu’avec mes parents de milieux professionnels et sociaux différents, j’ai du quitter mon lieu de naissance suite à des raisons politiques. Puis, pour mes études, j’ai traversé plusieurs fois la France. Suite à un mariage et un divorce je me suis retrouvé en Bretagne sans attache amicale ou familiale. Pour des raisons familiales aussi, j’ai démarré ma vie dans le développement Agricole (Je suis deux fois Ingénieur dans ce domaine) puis j’ai évolué dans les services de conseils aux entreprises et aux personnes, la direction d’entreprise, le commercial. Puis durant la dernière année scolaire j’ai réalisé un Master 2 Action Social et de Santé. L’objectif est la direction d’un ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) ou d’un EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). Ces deux secteurs ayant particulièrement besoin de réduire leurs frais de fonctionnement. Un poste de Consultant m’intéresse aussi.

  • Tu as de nombreuses expériences dans des domaines variés, qu’est ce qui a guidé ton parcours ?

Le respect des personnes et des engagements ! A tous mes postes j’avais une sensibilité marquée vis-à-vis des relations humaines et de l’analyse des attitudes. En tant qu’expérimentateur, très vite j’ai compris qu’il ne suffisait pas de savoir, mais il fallait transmettre, et souvent, il fallait même rechercher ce dont les entreprises ont réellement besoin. Si une plante ne grandit pas, c'est peut-être qu’elle n’a pas eu d’engrais, ou plus généralement qu'elle a subit une mauvaise opération culturale. Tout cela vient , peut-être, d’un manque de connaissances du salarié, du patron, ou d’un manque d’organisation interne. Cela vient peut-être aussi des services externes qui sont chargés par exemple de vendre les plantes et de faire de la place. Mais aussi peut être des relations avec les banquiers qui ne financent pas une place supplémentaire pour espacer les plantes en phase de croissance de l’entreprise !

Après ces expériences, j’ai quitté mon premier métier car le financement de la recherche diminuait. J’ai laissé ma place à mon adjoint du fait des ouvertures sur l’extérieur que j’avais pu prendre en phase de développement de la structure me finançant. Je me suis alors installé à mon compte pour être maitre de mes décisions. Les résultats ont été remarquables (articles réguliers dans les médias). Suite à un revers de marché, j’ai vendu l’entreprise et j'ai été recruté par un de mes fournisseurs. Puis face aux difficultés conjoncturelles de cette entreprise, j’ai rencontré des cabinets de recrutements qui m’ont permis de faire ressortir mon sens des relations humaines et des métiers du social. Ainsi, suite à la mise en liquidation pour cause de retraite de mon dernier employeur, j’ai suivi cette formation en Action Sociale et fait plusieurs stages en maisons de retraite.

  • Quel message souhaiterais-tu faire passer aux jeunes actifs à travers tes billets ?

Que le respect n’est pas plus compliqué à long terme ! En respectant les gens on est plus humain, et excusez moi de le dire ainsi, les interlocuteurs sont plus souples ! Quand on explique aux gens pourquoi on fait telle chose, mais avec leurs termes, et en se plaçant à leur place et en les respectant et en les écoutant, souvent, ils comprennent. Quand on partage les points de vue, les résistances sont vaincues, et dans l’assentiment, pour ne pas dire dans le plaisir parfois, c’est beaucoup plus facile d’avancer. Si nous écoutons les contraintes des salariés, nous pouvons faire des différences des atouts. Dans une équipe, le chasseur du mardi ne sera pas absent le même jour que la mère de famille voulant son mercredi. Critiquer un salarié, une personne qui n’a pas réellement compris ce qu’il a à faire est désastreux. Et quand par exemple on dit trois mois avant une période de baisse d’activité de faire attention, que dans quelques mois il y aura une diminution d’effectif, au moment de la cessation, le coup est moins dur. Un petit stress est peut-être stimulant, un gros stress ronge et dégrade.

  • Tu as validé en 2007 un Master 2 Action Sociale et de Santé. Cette reprise d’études t’a-t-elle été utile ?

Oui ! J’ai remarqué le décalage entre les ambitions des étudiants d’il y a 20 ans et ceux d'aujourd'hui. Avant on savait qu’on aurait un travail dans le domaine choisi. Maintenant, beaucoup ne savent pas pour quel métier ils sont faits, quelles pistes rechercher. La discipline des étudiants n’est plus la même. Il n’y a plus le respect des horaires, des enseignants. Certains font autre chose en cours, ce n’était pas pensable dans l'école d’ingénieurs où j’étais. De plus certains enseignants connaissent très bien leurs domaines mais ne me semblent pas adaptés à la réalité économique. Cela me sert aussi à comprendre des difficultés de mes enfants !(sourire). Pour l’argumentation, cette formation m’a donné d’autres outils.

  • Tu es nouveau et déjà très actif sur la plateforme, que t’apporte ton blog ? Les échanges avec les autres sont-ils bénéfiques ?

J’avais pensé ouvrir un blog il y a déjà quelques mois, mais pris par diverses activités je ne n’avais pas fait. Maintenant c’est la rentrée, plusieurs offres d’emploi auxquelles j’avais postulée viennent de se refermer faute d’expérience dans ce « nouveau » secteur. Or je suis sûr que parfois un candide peut faire avancer des choses ! J’ai fait mon Master en 1 an. Quand je m’engage en général c’est sérieux. Je souhaitais découvrir efficacement ce secteur médiatique. Après y avoir placé quelques repères, je souhaite poursuivre les échanges plus facilement avec quelques interlocuteurs, et partager une partie de ce que j’ai sur le cœur. C’est difficile à certains moments d’avoir des diplômes, des compétences reconnues, mais pas de travail, et donc pas de rôle social. Et aussi plus de rentrées d’argent. Les échanges sont bénéfiques : on existe, on peut être utile. J’apporte des idées, et je m’oblige à argumenter. ...

Le blog Respect des personnes